Des joints de carrelage ternes, fissurés, poreux ou noircis donnent vite une impression de pièce vieillie, même si le carrelage lui-même est encore en bon état. Bonne nouvelle : dans beaucoup de cas, il n’est pas nécessaire de tout déposer. Un simple rejointoiement bien réalisé peut suffire à redonner un aspect net à une cuisine, une salle de bain, une entrée ou un sol carrelé.
Si vous vous demandez comment refaire des joints de carrelage sans vous lancer dans un chantier trop lourd, ce guide vous donne une méthode claire, des repères concrets et les erreurs à éviter. L’objectif est simple : savoir quand une rénovation des joints est suffisante, et quand il faut envisager une reprise plus large de la pose.
Dans une rénovation, les joints jouent un rôle bien plus important qu’on ne le pense. Ils protègent de l’eau, limitent les infiltrations, assurent la stabilité visuelle du revêtement et participent à la finition générale. Des joints en mauvais état peuvent donc être à la fois un problème esthétique et un signal d’alerte technique.
Pourquoi refaire des joints de carrelage ?
Avant de sortir les outils, il faut comprendre pourquoi les joints se dégradent. Avec le temps, ils peuvent se fissurer, noircir, s’effriter ou se creuser sous l’effet de l’humidité, des produits d’entretien trop agressifs, des mouvements du support ou simplement de l’usure normale.
Dans une salle de bain, les joints sont particulièrement exposés à l’eau et aux moisissures. Dans une cuisine, ils subissent les projections, les dégraissants et le nettoyage fréquent. Au sol, les passages répétés finissent parfois par user les joints les plus fragiles, surtout si la pose initiale a été moyenne.
Refaire les joints permet alors de :
- rendre le carrelage plus propre et plus homogène visuellement ;
- réduire les risques d’infiltration d’eau ;
- améliorer l’hygiène, notamment dans les pièces humides ;
- prolonger la durée de vie du revêtement ;
- valoriser une pièce dans le cadre d’une rénovation légère ou d’une mise en location.
En pratique, si votre carrelage est sain et bien fixé, refaire les joints est souvent l’une des interventions les plus rentables en termes d’effet visuel / budget.
Le matériel à prévoir avant de commencer
Un bon résultat commence par une préparation sérieuse. Pour refaire des joints de carrelage proprement, il faut réunir un matériel adapté au type de support et à l’état des anciens joints.
Voici l’essentiel :
- un grattoir à joints, un outil multifonction ou un cutter de chantier pour retirer l’ancien joint ;
- un aspirateur ou une brosse pour dépoussiérer les interstices ;
- un mortier à joint ou une pâte à joint prête à l’emploi selon la surface ;
- une raclette en caoutchouc ;
- une éponge légèrement humide ;
- un seau d’eau propre ;
- des gants et éventuellement des lunettes de protection ;
- un chiffon sec pour les finitions.
Sur un petit chantier, une pâte à joint prête à l’emploi peut être pratique. Sur des surfaces plus importantes, un mortier à joint offre souvent une meilleure tenue et un coût plus intéressant.
Comment refaire des joints de carrelage étape par étape ?

La méthode varie légèrement selon qu’il s’agit d’un carrelage mural ou d’un carrelage au sol, mais les grandes étapes restent identiques. Le point clé : ne pas appliquer un nouveau joint sur un ancien joint friable ou encrassé sans préparation sérieuse.
1. Retirer les anciens joints abîmés
Commencez par enlever les parties endommagées. Il ne s’agit pas forcément de retirer tout le joint sur toute la profondeur, mais de supprimer ce qui est fissuré, poussiéreux ou décollé. L’objectif est d’obtenir une base saine et accrocheuse.
Travaillez avec précaution pour ne pas rayer le carreau. Sur les joints très durs, mieux vaut avancer lentement plutôt que forcer. Si le support est très ancien ou si les carreaux sont fragiles, la prudence est essentielle.
2. Nettoyer soigneusement les rainures
Une fois les anciens joints retirés, aspirez la poussière puis brossez les interstices. Le support doit être propre, sec et dépoussiéré pour garantir l’adhérence du nouveau joint.
S’il reste des résidus de colle, des moisissures ou des traces grasses, le mortier accrocherait mal. Dans une salle de bain, on peut compléter avec un nettoyage adapté avant de laisser sécher complètement.
3. Préparer le mortier à joint
Respectez les proportions indiquées par le fabricant. Un mélange trop liquide coule et fragilise le joint. Un mélange trop sec se travaille mal et remplit mal les espaces.
La consistance recherchée est souple, homogène et facile à étaler sans s’affaisser. Préparez seulement la quantité nécessaire pour éviter que le produit ne commence à tirer avant la fin de l’application.
4. Appliquer le joint entre les carreaux
Avec la raclette en caoutchouc, poussez le mortier dans les interstices en traversant les joints en diagonale. Il faut bien remplir les espaces, sans laisser de vides.
Sur un mur, travaillez par petites zones pour garder le contrôle. Au sol, avancez méthodiquement en évitant de marcher trop tôt sur les zones fraîchement jointoyées.
Essuyez l’excédent au fur et à mesure avec la raclette, puis laissez tirer quelques minutes selon les indications du fabricant.
5. Faire le nettoyage de finition
Quand le joint commence à prendre, passez une éponge légèrement humide en mouvements doux pour lisser les joints et nettoyer les carreaux. L’éponge doit être essorée régulièrement pour éviter de lessiver le joint neuf.
Le lendemain, un voile résiduel peut encore apparaître sur le carrelage. Un chiffon sec ou un produit adapté permet de terminer la finition sans agresser les joints récents.
6. Respecter le temps de séchage
Le séchage est une étape souvent négligée. Pourtant, c’est lui qui conditionne la tenue du joint. Évitez les projections d’eau, les nettoyages intensifs ou le passage sur la zone avant le délai recommandé.
Dans une pièce humide, attendez davantage si nécessaire. Mieux vaut patienter que de devoir reprendre une zone qui a mal durci.
Quand un simple rejointoiement suffit-il ?
Un simple rejointoiement est généralement suffisant si le carrelage est stable et que les problèmes concernent surtout les joints eux-mêmes. C’est souvent le cas lorsqu’ils sont :
- creusés mais encore en place ;
- fissurés par endroits ;
- encrassés et irréguliers ;
- légèrement poudreux sans décollement du carrelage ;
- abîmés localement après plusieurs années d’usage.
Dans ce cas, il est possible de reprendre les joints sans démonter le revêtement. C’est une solution adaptée pour une cuisine, une salle de bain ou un sol carrelé qui présente surtout un défaut de finition.
Si vous rénovez votre pièce dans une logique plus large, cela peut aussi être le bon moment pour vérifier l’état général du support. Par exemple, avant de poser du carrelage sur un ancien carrelage, il faut s’assurer que la base est saine et suffisamment stable.
Quand faut-il reprendre la pose plutôt que les joints ?
Refaire les joints n’est pas toujours la bonne solution. Certains symptômes indiquent que le problème vient du carrelage ou du support, et non seulement des joints.
Il faut être plus prudent si vous observez :
- des carreaux qui bougent quand on appuie dessus ;
- un carrelage qui sonne creux sur une grande surface ;
- des infiltrations visibles derrière le revêtement ;
- des fissures répétées malgré plusieurs reprises des joints ;
- un décollement partiel du carrelage ou des carreaux cassés ;
- une humidité persistante dans le support.
Dans ces cas, refaire les joints seul risque de masquer le problème sans le résoudre. Si vous avez un doute, un diagnostic professionnel peut éviter des travaux répétés.
Un article complémentaire peut vous aider à faire le tri : si vous constatez un carrelage qui sonne creux, il est important d’en identifier la cause avant de repartager du mortier à joint.
Les erreurs à éviter quand on refait des joints de carrelage
Le rejointoiement paraît simple, mais quelques erreurs reviennent souvent et peuvent compromettre le rendu final.
Appliquer le nouveau joint sur une base sale
Si la rainure est poussiéreuse, grasse ou humide, le joint adhère mal. Le résultat sera fragile et parfois irrégulier.
Préparer un mélange trop liquide
Un mortier trop fluide remplit mal les joints, coule sur les carreaux et laisse une finition moins solide.
Nettoyer trop tôt ou trop fort
Une éponge trop mouillée ou un nettoyage trop énergique peut creuser le joint fraîchement posé. Il faut attendre le bon moment et nettoyer avec douceur.
Ne pas retirer suffisamment l’ancien joint
Si l’ancien matériau reste friable au fond, le nouveau joint n’accroche pas correctement. La reprise sera moins durable.
Oublier la cause du problème
Des joints abîmés dans une salle de bain peuvent être liés à une ventilation insuffisante, à une infiltration ou à un support fragilisé. Si vous vous contentez de masquer le symptôme, le problème revient rapidement. Pour ce type de situation, consultez aussi notre guide sur les joints de carrelage moisis.
Cas où faire appel à un carreleur est recommandé
Faire appel à un carreleur n’est pas réservé aux gros travaux. C’est souvent une bonne option si vous voulez éviter les reprises, surtout lorsque les joints font partie d’un ensemble plus complexe.
Un professionnel est particulièrement utile si :
- la surface est importante ;
- le carrelage est ancien ou fragile ;
- les joints se dégradent régulièrement ;
- il existe des signes d’infiltration ou de support instable ;
- vous devez reprendre une zone technique, comme une douche ou un sol très sollicité ;
- vous manquez de temps ou souhaitez un rendu propre et homogène.
Dans une salle de bain, un sol d’entrée ou une pièce de vie fortement circulée, l’œil d’un carreleur peut faire la différence entre une reprise temporaire et une intervention durable.
Si votre projet s’inscrit dans une rénovation plus large, une expertise ponctuelle peut aussi éviter des coûts supplémentaires liés à une mauvaise préparation.
Conseils pratiques pour un rendu plus durable
Pour prolonger la durée de vie des joints neufs, quelques gestes simples font vraiment la différence :
- nettoyez avec des produits non agressifs ;
- évitez les brosses métalliques ;
- aérez les pièces humides autant que possible ;
- traitez rapidement les débuts de moisissures ;
- surveillez les joints de douche, de baignoire et les zones de passage ;
- intervenez dès les premières fissures au lieu d’attendre une dégradation généralisée.
En rénovation, mieux vaut reprendre un petit défaut tôt que de laisser l’eau s’infiltrer et fragiliser tout le revêtement.
FAQ : refaire des joints de carrelage
Peut-on refaire des joints de carrelage sans enlever les anciens ?
Si les anciens joints sont seulement sales ou légèrement ternis, un nettoyage ou un rénovateur peut suffire. En revanche, s’ils sont fissurés, friables ou creusés, il faut retirer les parties abîmées avant d’appliquer un nouveau joint.
Quel produit choisir pour refaire des joints de carrelage ?
Pour une petite surface, une pâte à joint prête à l’emploi peut être pratique. Pour une surface plus grande, un mortier à joint en poudre est souvent plus adapté. Le choix dépend aussi du type de carrelage, de l’exposition à l’eau et de l’usage de la pièce.
Combien de temps faut-il attendre avant d’utiliser la pièce ?
Le délai varie selon le produit utilisé et les conditions de séchage. En général, il faut attendre plusieurs heures avant un usage léger et davantage pour un passage normal ou une exposition à l’eau. Il faut toujours suivre les recommandations du fabricant.
Peut-on refaire les joints d’une douche soi-même ?
Oui, mais avec prudence. La douche est une zone très exposée à l’eau, donc la préparation doit être irréprochable. Si vous suspectez une infiltration, un support abîmé ou des moisissures persistantes, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel.
Comment savoir si le carrelage doit être repris entièrement ?
Si les carreaux bougent, sonnent creux, se décollent ou si les joints se dégradent très vite malgré plusieurs reprises, le problème vient probablement du support ou de la pose. Dans ce cas, un simple rejointoiement ne suffira pas.
En résumé
Comment refaire des joints de carrelage ? En retirant les parties abîmées, en nettoyant bien les rainures, en appliquant un joint adapté puis en soignant la finition et le séchage. C’est un chantier accessible sur une surface raisonnable, à condition de respecter les étapes et de ne pas confondre un problème de joint avec un problème de support.
Le bon réflexe consiste à observer l’état global du carrelage avant d’agir. Si le revêtement est sain, un simple rejointoiement peut suffire. S’il sonne creux, bouge ou présente des infiltrations, une reprise plus large est souvent nécessaire.
Vous avez un doute sur l’état de vos joints ou sur la bonne solution à adopter dans votre rénovation ? Contactez Lucille pour un accompagnement déco et aménagement orienté solutions, avec un regard pratique sur votre intérieur et vos projets de travaux.


